• Dégoût d"ego

    Dégoût d’ego

      Depuis quelques temps déjà, je me pose des questions sur l’Homme, entendez bien sûr, le mâle voire le Mâle.

     Dragueuse dans l’âme, j’ai un tableau de chasse impressionnant. Je ne suis pas sûre que le plus zélé de ces messieurs ait été aussi performant que moi, en terme d’efficacité s’entend.

     Oh, je vous entends me traiter de prétentieuse, mais comme le disait justement l’ivrogne patenté au dessous de chez moi : « Le tout c’est pas d’être beau, c’est de savoir y faire ».

     Bon tout ça pour vous amener à l’HOMME.

     L’homme, c’est du grand n’importe quoi.

     Il fustige la femme-intéressée-salope-vénale-frigide-lesbienne-conne-grosse-blonde- le tout à la fois parfois.

     Dès que le Mâle en parle, c’est pour se plaindre, c’est pour la dénigrer, la rabaisser, la réduire à ses simples attributs : « beau cul, belles fesses, beaux nichons » quand elle n’en est pas réduite à un simple « tailleuse de pipes ».

     Bon, j’entends parler depuis quelques années déjà de « la solitude du baiseur de fond »  Mais quoi, Messieurs, vous croyez quoi ? Que la simple femelle de base ne vous voit pas arriver avec vos gros sabots. Qu’elle  ne sait pas qu’elle est à vos yeux une salope ? Que croyez-vous ? Qu’avec ce genre de comportement la guerre des sexes est prête à s’éteindre dans une étreinte ?


    Regardez-vous, oui vous les vieux, les moches, les cons. Regardez vous les loosers, les pleureurs, les crétins, les vulgaires. Regardez-vous ! Vous avez quel âge en ce moment ? Vous savez combien vous paraissez ? Combien vous êtes réfrigérant dans vos petites certitudes de mâle satisfait ?

     Vieux réflexe de conquête vous dégainez la carte bleue ! Comme si ça nous engageait à quoi que ce soit.
    Tu veux payer ? Tu crois posséder. Tu crois verser des acomptes sur une faveur future alors que ce ne sont que des arrhes versées sur tes illusions.

     Certes tu es moche, triste, seul. Incapable d’avoir de l’humour autrement qu’en étant vulgaire. Tu choques quand tu crois être drôle. Tu mets mal à l’aise la compagne d’un week-end. (Que tu écourtes quand tu comprends que non, elle ne dépassera pas le stade de la copine-relations-chastes-obligatoires).
    Tu assènes tes vérités, tu te proclames psy et tu l’emmerdes avec tes désirs d’analyses et tes promesses sans lendemain.
     Quand la belle se rebelle tu la vois lesbienne.

     Si elle ne succombe pas à tes charmes, c’est qu’elle a une ou des tares. Ce n’est pas toi, c’est l’autre.
     Mais non ! On n’est pas dispo pour qui n’est pas réglo.

     L’autre cas de figure c’est le Mâle marié père de famille. Vous l’avez dragué lors d’une soirée, il a succombé, a fait pas mal de kilomètres pour vous honorer et s’en est allé vers d’autres soirées.

     Vous l’aviez trouvé sympa, intéressant, bon baiseur, alors pour rester copains vous essayez en vain de faire passer le message « On a couché ensemble mais c’est pas grave ».

     Mais lui, le Mâle marié qui se proclame mal marié, est rentré dans ses foyers.
     Il est au chaud avec sa femme.
     Il sera gentil pendant quelques temps, peut-être même qu’il l’amènera au restaurant et que dans un sursaut, il sortira…sa carte bleue.
     Alors Mesdames, on dit quoi aux maîtresses d’un soir ?