• SOS COMPASSION

    SOS compassion


    Je lance par ces quelques lignes une vaste opération de sauvetage de ma personne.

    Pourquoi ?

    Il me faut narrer ici ma dernière découverte. Non, la dernière aberration, la dernière abjectitude du genre humain.  Quoi ? Je sais qu’abjectitude n’existe pas, mais j’ai besoin d’un superlatif d’abjection, un truc plus fort, tu vois ? Si tu as je suis preneuse.

    Donc, si tu veux bien arrêter de m’interrompre, je te raconte.

    Lundi dernier, j’assistais à la réunion-obligatoire-indispensable-où-tu te fais-chier-en-compagnie-de-collègues-n’ayant-rien-à-dire, donc j’étais là en priant qu’un coup de fil, de tonnerre, du sort, bref quelque chose me délivre enfin de cette servitude aussi inutile qu’hebdomadaire.

    Lorsque j’entends « la grosse » (ça c’est une hystérique prétentieuse qui « bosse » paraît-il à l’agence), donc notre éléphant patibulaire parle, que dis-je se gausse d’un collègue en mi-temps thérapeutique.
     J’explique : Il a eu un très grave accident de voiture il y a un an, il est resté sur une planche pendant des mois, a une plaque d’acier sur la colonne vertébrale etc…

    Je l’entends donc se faire traiter de fainéant par la « grosse vache » relayée par sa grande copine qui a autant de grâce et d’intelligence que de compassion et de professionnalisme, (c’est dire !).

    Je les entends, interdite, minimiser la souffrance de « l’autre » et expliquer doctement qu’il pourrait bosser plus, pour rattraper le temps perdu sommes toutes.

    Jouissant d’un caractère impulsif, je sors de la pièce et en parle au « Boss » dès que possible afin d’expliquer aux greluches qu’un peu de compassion même feinte (à l’impossible nul n’est tenu), ne nuit pas à la cohésion d’équipe (si chère semble-t-il à leur cœur).

    Que crois-tu qu’il advint ??

    Et bien l’autre humaniste m’interpelle et…elle me menace : « ne va pas le répéter à L… » « si jamais j’apprends que… » « si tu appelles L…pour lui dire que… » 

    Bref, la bonté faite femme avec une intelligence du cœur, comme tu n’as jamais vu.

    Non mais, t’y crois toi ?

    Je l’interpelle sur son manque de compassion, sur son arrogance et sa méchanceté gratuite et elle, me parle de confidentialité…

    Dingue, je ne sais pas ce qui est le plus affligeant : qu’elle m’imagine du même niveau qu’elle (aller répéter ça à l’intéressé c’est lui faire mal inutilement) ou que son unique préoccupation soit qu’on ignore sa petitesse d’esprit, sa mesquinerie naturelle, sa bêtise suintante.

    Donc, j’ai l’intention d’investir dans un grand champs au milieu de nulle part où je pourrais planter des arbres et des fleurs loin de ce genre de… là je manque de vocabulaire.

    Un endroit où ce genre de personnes n’est que le fruit de l’imagination d’un auteur de films catastrophes. Croire que ça n’existe pas…

    A la réflexion, je ne sais pas si j’aimerais être seule, mais une chose est sûre ne pas être obligée de côtoyer ce genre « d’êtres humains » m’aiderait à croire en l’humanité.