• La Cinquantaine

    La Cinquantaine

     

     

    Il paraît, nous dit-on, que la femme de cinquante ans alimente tous les fantasmes. La vie commence pour nous Mesdames, à cet âge là, et joyeuses, et juvéniles nous parcourons la vie et la planète d’un pas plus ferme, plus décidé, plus…jeune.

     

    Jingle : c’est là que s’arrêtent les clichés pub. Fermeture de la page magazine, spéciale crème anti-rides, anti-relâchement, anti-âge, promo lifting.

     

    Ben oui, ou tu t’appelles Moore, Stone, Madonna, Chazall, de la Fressange, ou tu t’appelles Christine, Bernadette, Sylvie, Madame tout le monde.

     

    Dans le premier cas tu te tapes joyeusement sous l’œil admiratif des médias, de jolis garçons en âge d’être ton fils et l’on vante ta silhouette, ton corps de danseuse, ton sens de l’à-propos, ton éternelle jeunesse (photoshop à l’appui).

     

     Dans l’autre cas, si Môssieur le père de tes enfants t’honore encore deux fois par an entre deux cannettes-match de foot, c’est déjà que ton couple ne va pas mal et si tu es seule et que les hasards de la vie te font vivre une expérience de star, tu te vois reléguée au ban de la société traitée de vieille salope dans le meilleur des cas. Avec en prime les « elle veut pas vieillir, elle ne s’est pas vue décatir, que c’est triste » le vieux coup de la pitié qui les rassurent tous et toutes. Vieux et jeunes cons.

     

    Rigolo quand même, tu ne peux pas ouvrir un journal, un magazine, regarder une émission de télé sans entendre parler de la solitude de cette société. Du manque d’entraide, de l’égoïsme qui règne en maître.

     

    Tiens un truc qui m’a fait marrer, j’ai lu dans «  Femme » les résultats d’un sondage qui disait que les seniors étaient prêts à aider leurs enfants à condition que cela ne gâche pas leurs loisirs. Et la journaliste de commenter « égoïste ! » et moi de me demander « en quoi ? ».

    Tu vas visiter une maison de retraite et tu te dis que toi, t’as drôlement intérêt à profiter de la vie tant que vie il y a. La terrible solitude de nos vieux à nous,  ne t’incite pas à être généreux une fois ta maigre retraite tombée.

     

    Profite donc et oui, soit égoïste !

     

    Voyages, fais ce que tu as toujours rêvé de faire. Paies toi aussi « un p’tit jeune » si cela te permets de retenir ta jeunesse en puisant dans la sienne !

     

    La vie commence à cinquante ans ! Pose toi donc les bonnes questions :

     

    Pourquoi nous fait-on venir si longtemps à l’avance ?

    Ce vieux canapé, ce vieux meuble, ce vieux mari n’ont-ils pas fait leur temps et ne méritent-ils pas d’être changés ? Sinon, sérieusement révisés ?

    C’est combien un billet d’avion pour le soleil ?

    Quelles copines peuvent venir avec moi au spa ?

     

    Tu vois la liste est longue, tu vois la vie est courte..