Addiction

Addiction

 

 

L’avez-vous vu ? entendu ? Il est là, atteint de cette sombre maladie. Elle le bouffe, elle l’oppresse, le laisse hagard et désœuvré lorsque la crise s’éloigne.  Il court, regarde sa montre d’un geste compulsif. Il a le regard injecté à force d’air vicié et de café.-cantine-goût-thermos-garanti. Il râle, il peste, il se torture.

 

Les premiers symptômes ne sont jamais très alarmants. Au début, c’est comme un vague besoin de se regrouper, d’échanger sur un sujet plus ou moins indéterminé.

 

Attiré par une pièce sans fenêtre ou du moins sombre où règne une ambiance délétère. Il étouffe, mais ne peut résister…c’est le début de l’addiction. On attend ensemble, il reprend son souffle, il écoute,  plus tendu qu’une situation internationale il reste sur ses gardes, l’adrénaline au top niveau il se ronge intérieurement en affichant un sourire de connivence.

 

Oh qu’il aimerait être loin, au soleil ou encore au téléphone avec sa septentrionale rigolote de service. Mais non, la crise est trop forte, le mal le tient, le retient, l’attire et l’oblige.

La maigre consolation est que tous sont comme lui atteints et dévorés par ce mal pervers et chronophage.

 

Quel mal ?

 

Mais celui du siècle, pire que la bagnole, la pollution, l’agression voire le suicide, pire que le sida ou que le chômage, c’est la réunionite aigue qui paralyse, empêche d’agir, bloque le physique et le mental. Vous donne la honte devant les potes et les enfants ? « Tu fais quoi papa ? » « Je pars en réunion » est la réponse gênée du père de famille, « Ah, je croyais que tu avais un vrai travail »….

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