• Ma Chanchan

       

    Une voix cristalline, un petit pull bleu ciel, un pantalon blanc, chansonnette à la bouche, la silhouette fine et élancée, le carré blond impeccable, c’est la première image que j’ai de toi.

     

    On s’est détestées, tu te souviens ?

     

    Moi sortant à peine d’une galère et toi qu’une méchante rupture avait anéantie. Tu avais perdu ton amour et la confiance des autres. Ta carrière moribonde de communicante t’ennuyait.

     

    Tu voulais écrire…

     

    Que te dire aujourd’hui que tu t’en es allée vérifier au plus près tes thèses sur dieu et ses potes ?

     

    Que te dire, sinon que je te pleure, que je t’aimais, que je l’ignorais. Te dire l’horreur de cette phrase prononcée par ta fille : « Maman nous a quitté ». Je ne  l’avais pas vu venir. J’avais décidé quelque part en moi que tu allais guérir . Espoir insensé, espoir de gamin qui nie l’évidence.

     

    Ma Chanchan, pas une journée où je ne pense à toi. Quel vide ! quelle absence…Je n’aurais jamais cru à une telle profondeur de mes sentiments. Etais-tu seulement dans cette église ? Dans la boîte, c’est sûr, mais parmi nous ?

     

    J’avais prévenu tout le monde. Tu ne pouvais pas partir comme ça, je voulais des larmes pour accompagner les miennes. Des sanglots, des vrais, des amis derrière toi pour te rendre hommage, pour faire de ton départ un événement même si la fête était morte ce jour là.

     

    Ton sourire et ta malice accompagneront à jamais le petit pull bleu ciel et le pantalon blanc immaculé. Quelle classe, quelle distinction, une femme élégante jusque dans la mort.